sábado, 21 de enero de 2017

Jacques Brel - Le moribond.


Quiero que se ría, que se cante
mientras voy de las lágrimas al silencio.
Cada uno coge el tren que puede.


Hemos cantado a los mismos vinos, a las mismas muchachas y a las mismas tristezas. Adiós, Emilio, voy a morir, ya sabes que es duro morir en primavera, con la paz en el alma voy hacia las flores.
Ya sé que lo he dicho antes pero no deja de asombrarme que Brel se esforzara lo mismo en el Olympia que en un pequeño local perdido en la única playa de Los Países Bajos donde el sol pasa de largo ante una gente que ama su caricia y que probablemente amaba lo que decía Brel aunque no entendieran ni media palabra. Aquí tenemos el ejemplo de su rendición incondicional ante un encantador visceral y obsesivo.
Los curas que, probablemente, alimentaron su vocación trovadoresca convencidos de que sus intentos quedarían entre los muros de un templo y que no llegarían a ninguna parte pondrían el grito en los altares ante su deriva anticlerical y que, como Nietzsche, gritara, en su último almuerzo, que Dios había muerto mientras apedreaba el cielo. Las intachables familias burguesas esconderían a los amantes que solo visitaban las alcobas vecinas por matar el tiempo debajo de la fachada de su honorabilidad.
Ante una muerte que, entonces, no veía cercana,  se despide del amigo del alma, del cura, del amante de su mujer y de ella. Adiós cura yo te amaba bien, no estábamos en la misma orilla, no estábamos en el mismo camino, pero buscábamos el mismo puerto.

Adieu l'Émile je t'aimais bien
Adieu l'Émile je t'aimais bien tu sais
On a chanté les mêmes vins
On a chanté les mêmes filles
On a chanté les mêmes chagrins
Adieu l'Émile je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais je pars aux fleurs la paix dans l'âme
Car vu que tu es bon comme du pain blanc
Je sais que tu prendras soin de ma femme
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Je veux qu'on s'amuse comme des fous
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou
Adieu Curé je t'aimais bien
Adieu Curé je t'aimais bien tu sais
On n'était pas du même bord
On n'était pas du même chemin
Mais on cherchait le même port
Adieu Curé je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais je pars aux fleurs la paix dans l'âme
Car vu que tu étais son confident
Je sais que tu prendras soin de ma femme
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Je veux qu'on s'amuse comme des fous
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou
Adieu l'Antoine je t'aimais pas bien
Adieu l'Antoine je t'aimais pas bien tu sais
J'en crève de crever aujourd'hui
Alors que toi tu es bien vivant
Et même plus solide que l'ennui
Adieu l'Antoine je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais je pars aux fleurs la paix dans l'âme
Car vu que tu étais son amant
Je sais que tu prendras soin de ma femme
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Je veux qu'on s'amuse comme des fous
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou
Adieu ma femme je t'aimais bien
Adieu ma femme je t'aimais bien tu sais
Mais je prends le train pour le Bon Dieu
Je prends le train qui est avant le tien
Mais on prend tous le train qu'on peut
Adieu ma femme je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais je pars aux fleurs les yeux fermés ma femme
Car vu que je les ai fermés souvent
Je sais que tu prendras soin de mon âme
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Je veux qu'on s'amuse comme des fous
Je veux qu'on rie, je veux qu'on danse
Quand c'est qu'on me mettra dans le trou.
(1961)

No hay comentarios:

Publicar un comentario

Debo tener en cuenta lo que me dijiste algún día y no escuchar tu silencio de ahora.